Traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause

Nov 21, 2018 by

Au vu des résultats d’études récentes remettant en cause l’intérêt du traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) en raison des risques auxquels il expose les patientes, l’AFSSAPS préconise aujourd’hui la prudence. Elle recommande de limiter la prescription de ces produits aux femmes se plaignant de troubles climatériques et à celles souffrant d’ostéoporose avec un risque avéré de fracture.

Un traitement désormais individualisé

«En raison d’un rapport bénéfice/risque défavorable, l’administration d’un THS n’est pas recommandée chez les femmes en bonne santé qui ne présentent pas de syndrome climatérique, ni de facteur de risque d’ostéoporose », indique l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS).
Pour celles souffrant de troubles liés à la ménopause (bouffées de chaleur,sécheresse vaginale…) associés à une détérioration de leur qualité de vie,l’agence estime qu’« un THS peut être instauré si la femme le souhaite, à la dose minimale efficace, pour une durée la plus courte possible, avec une information claire sur les risques et une réévaluation régulière du rapport bénéfice/risque ». Et d’ajouter que cette réévaluation « pourra s’accompagner d’une suspension temporaire du traitement afin de contrôler la persistance du syndrome climatérique et sa sévérité ».

Les études qui accusent

Enfin, « dans la prévention de l’ostéoporose, poursuit l’AFSSAPS, le THS ne doit pas être prescrit en première intention. C’est seulement chez les femmes ayant un risque fracturaire élevé que l’administration d’un THS pourra être envisagée, si celles-ci présentent une intolérance aux autres traitements indiqués dans cette situation, et ce après une évaluation individuelle du rapport bénéfice/risque ».

Un avis partagé par l’Académie nationale de médecine qui, dans un récent rapport, recommande de ne pas traiter les femmes asymptomatiques, sans pour autant remettre en cause le THS pour la prise en charge des symptômes de la ménopause. L’institution considère en outre que le THS n’est pas indiqué en prévention cardio-vasculaire primaire ou secondaire des cancers colo-rectaux et de la maladie d’Alzheimer, et ne le préconise pas non plus de façon systématique en prévention de l’ostéoporose. « Dans tous les cas, le THS doit être le plus court possible, avec les plus faibles doses efficaces sur les symptômes et ne doit pas être poursuivi au-delà de leur disparition », souligne l’Académie.

Le bilan des risques

« Actuellement, aucune donnée issue d’essais randomisés ne permet de savoir si les risques associés au THS sont influencés ou non par le type d’estrogène(estrogènes conjugués équins, estradiol), ou par le type de progestatif(acétate de médroxyprogestérone, noréthistérone, lévonorgestrel), ou par la voie d’administration de l’estrogène (orale, transdermique), ou enfin par les modalités d’utilisation du progestatif (administration séquentielle ou continue). Il semble cependant que ces risques augmentent avec la dose et la durée d’exposition au THS », rapporte l’AFSSAPS avant de dresser un état actuel des connaissances.

  • Cancer du sein : le THS place la femme traitée dans une catégorie de risque supérieur à celui d’une femme de même âge non traitée. Ce risque est plus important chez les patientes traitées par l’association estrogène/progestatif que chez celles traitées par estrogène seul.
  • Risque cardio-vasculaire : le THS ne protège pas du risque d’accident coronaire et entraînerait même une augmentation du risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral.
  • Risque thromboembolique veineux (phlébite, embolie pulmonaire) : le THS augmente ce risque.

Related Posts

Tags

Share This

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *