Grossesse et alcool

Nov 26, 2018 by

Syndrome de l’alcoolisation foetale

Le syndrome d’alcoolisation foetale est la conséquence de l’exposition du foetus à des concentrations même très faible d’alcool pendant la grossesse. L’alcool chez la femme enceinte, même à très faibles doses passe directement dans le sang du foetus au travers du placenta.

Les molécules d’alcool ont un effet destructeur sur le cerveau du foetus. L’alcool a une toxicité directe sur le système nerveux, c’est la principale source de retard mental d’origine non génétique. D’autres conséquences sont démontrées : une augmentation de la mortalité des grossesses gémellaires, l’apparition de malformations de la face, des troubles de la vision et un retard de croissance sévère. Ainsi toute exposition à l’alcool même à des doses très faibles pendant la grossesse fait courir d’immenses risques au foetus.

Un enjeu de santé publique

Selon l’INSERM, de 700 à 2000 enfants, sur les 750 00 naissances de chaque année, peuvent être concernés, avec une incidence plus élevée à l’île de la Réunion, le Nord Pas de Calais et la Bretagne. Les connaissances épidémiologiques restent imprécises sur l’incidence et les facteurs de risques (type d’alcool, conditions socio économiques).

Les mesures annoncées

  • Mettre en place une surveillance du Syndrome alcoolisation foetale
  • La connaissance de la réalité de l’incidence du Syndrome d’alcoolisation foetale et de ses facteurs de risque en France est insuffisante. Les estimations disponibles sont peu nombreuses et locales.

Pour prendre la mesure d’un tel enjeu de santé publique, il faut développer un véritable contrôle épidémiologique du Syndrome d’alcoolisation foetale :

  • la cohorte du plan national environnement santé (PNSE) pour mesurer son impact à moyen ou long terme et ses conséquences sur le développement de l’enfant, en y incluant les items alcool comme facteur d’exposition ;
  • et un dispositif de surveillance épidémiologique par la déclaration obligatoire et anonyme du syndrome d’alcoolisation foetale qui interviendra par voie réglementaire (décret en conseil d’Etat).

Développer un programme de prévention à l’échelle des enjeux de santé publique du syndrome d’alcoolisation foetale.

Dès cet automne, le ministère de la santé et de la protection sociale va lancer une campagne de prévention de la consommation excessive d’alcool. Elle s’articule autour de trois axes : – faire prendre conscience aux buveurs réguliers excessifs qu’ils sont dans l’excès ; – faire évoluer les représentations masculines sur l’alcool ; – et promouvoir l’abstinence pendant la grossesse. Dans ce cadre, la campagne d’information et de sensibilisation sur le syndrome d’alcoolisation foetale sera lancée fin 2004. Sa préparation mobilise outre la Direction générale de la santé (DGS) et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), la société française d’alcoologie (SFA) et l’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA).

Cette campagne prévoit :

  • une information des femmes enceintes lors de la remise d’un test de grossesse en pharmacie, en lien avec l’Ordre des pharmaciens ;
  • l’inscription d’informations relatives à la consommation d’alcool pendant la grossesse dans le carnet de suivi de la maternité tenu par les sages-femmes.
  • En direction des professionnels de santé, le ministère de la santé soutient un programme de formation des médecins généralistes pour améliorer la prise en charge de la consommation d’alcool en France. Développé en partenariat avec l’ANPAA, il s’agit d’encourager le repérage des consommations nocives d’alcool et leur prise en charge précoce. Une évaluation sera prochainement conduite par l’Observatoire française des drogues et toxicomanies, à la demande du ministère de la santé et de la protection sociale.
  • En direction des élèves des collègues et lycées, la loi relative à la politique de santé publique qui sera très prochainement promulguée, rend obligatoire une information sur le syndrome d’alcoolisation foetale en milieu scolaire. Cette mesure proposée par Mme Payet, sénateur de La Réunion, s’inscrira dès 2005 dans le cadre du contrat-cadre signé il y a un an entre le ministère de la santé et le ministère de l’éducation nationale.

Mesures réglementaires

Une mesure législative permettra d’apposer sur les contenants d’alcool un avertissement sanitaire en direction des femmes enceintes pour les informer des risques liés à la consommation d’alcool et recommander l’abstinence. Pour être complet et lui donner sa pleine efficacité, ce programme doit comporter un renforcement de la réglementation. Le ministère de la santé lancera prochainement une évaluation de cette réglementation, ce qui n’avait jamais été fait jusqu’à présent, et ce afin de vérifier que l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs est respectée.

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